Compromis

Ca y est, nous avons signé le compromis de vente pour notre futur appart ! RDV le 6 août pour la signature de l’acte de vente…

Ceci dit, on a bien failli ne pas le signer, ce compromis !

Déjà, je pense qu’on a bien du mettre un mois avant d’arriver à le signer. Le temps que le fils de la vendeuse récupère tous les papiers qu’elle avait pu jeter. Le temps que la Poste envoie le pli. Le temps que la notaire se bouge. Le temps qu’elle finisse par passer le dossier à une collègue parce qu’elle partait en vacances. Le temps que l’autre notaire réclame les papiers manquant. Le temps que…

Bref, plusieurs semaines passent. Mais nous finissons tout de même par nous retrouver chez le notaire, avec M. A (fils de la vendeuse, coiffeur de son état), pour signer ce compromis.

La notaire ouvre le dossier… Réclame nos pièces d’identité respectives… Ainsi que la procuration, sans laquelle la signature de M. A serait caduque… Lit attentivement la procuration, correctement paraphée à chaque page… Et demande où (putain de bordel de merde à queue), se trouvent la signature de la vendeuse et les mentions lu et approuvé bon pour accord et le tampon de la mairie de T (dans les Pyrénées Orientales, pas tout à fait à côté du 20°, vous me le concéderez…)

Ah. Ben c’est pas très compliqué. A la mairie de T, pour faire signer une procuration à une petite dame de 90 ans, on lui file la dernière page du projet de compromis de vente. 

What the fuck, comme diraient mes amis étasuniens.

Gros blanc dans le bureau. OK, pas de panique. S’ensuivent 15 minutes pendant lesquelles :

  • La notaire réfléchit dans tous les sens à comment on peut faire pour signer le jour même.
  • Le fils de la vendeuse demande s’il ne peut pas signer aujourd’hui, et puis sa mère refait faire une procuration en mairie la semaine suivante (ah oui, c’est vrai que c’est pas grave de signer le compromis le 7 et d’avoir une procuration qui court à partir du 10…)
  • Les acheteurs (nous) ne tortillent pas de leur chaise, ne prononcent pas un mot, et sourient de manière un peu crispée.

Bon. Pas de panique, on va y arriver. M. A-coiffeur-de-son-état finit par proposer une solution. Il appelle sa maman de 90 ans (qui s’affole pour un rien, nous a-t-il expliqué au début du rendez-vous). Pour lui demander de passer à la mairie qui est à 2 minutes à pied de chez elle, pour refaire la procuration, la scanner, et renvoyer les originaux dès que possible. La notaire est OK, appelle pendant ce temps la mairie de T pour expliquer la situation.

Les acheteurs ne tortillent toujours pas de leur chaise, ne prononcent toujours pas un mot, et entendent les conversations téléphoniques suivantes, en même temps, et dans le désordre :

  • La notaire : “Bonjooooour Madame, Madame F, du cabinet B&R. Alors vous avez fait signer à Mme C une procuration…. Oui… Oui, alors vous avez tout fait correctement, par contre il manque la signature et le tampon sur la procuration…”
  • M. A : “Chouchou (= Mme C) ? Oui bonjour Chouchou, tu vas bien ? Oui moi aussi merci. Bon, Choucou, on a un petit souci, la procuration n’est pas correctement signée…”
  • La notaire : “Ecoutez Madame, je ne doute pas que vous ayiez déjà tout fait, mais je vous assure que les papiers que j’ai devant les yeux ne sont pas complets…”
  • M. A : “Bon écoute Choucou, ne discute pas, si je te dis que les papiers ne sont pas bons, ils ne sont pas bons. Maintenant, tu fais ce que je te dis. Tu te prépares, tu files à la mairie, tu signes les papiers, et tu ne quittes pas la mairie tant que je ne t’ai pas rappelée pour te dire que c’est bon, tu m’as bien compris Chouchou ?”
  • M. A, à l’assemblée : “C’est bon, elle se prépare”.
  • La notaire - fait signe à M. A de parler moins fort : “Ecoutez Madame, je suis vraiment désolée, mais apparemment il y a eu un petit souci. Ce serait extrêêêêêêêmement gentil de votre part si vous pouviez recevoir Mme C ce matin et biiiiiien lui expliquer tous les documents à remplir ? Merci miiiiiiiiiille fois Madame, très bien, je vous rappelle dès que nous recevons le fax”.

Puis les deux raccrochent.

OK, ça semble fonctionner. La notaire commence la lecture du compromis. Toutes les 5 minutes, elle appelle l’assistante où se lève pour voir si on a bien reçu le fax.

M. A : “Oui enfin quand même dans ce cabinet ils ne sont pas très doués. Moi j’en ai déjà pratiqué pas mal des notaires, normalement ils mettent des post it avec les mentions à apporter à chaque endroit utile”. (Et toi, tu t’es pas dit que tu allais regarder, juste comme ça par curiosité, si ta mère avait bien signé la procuration, juste au cas où tu ferais déplacer tout le monde pour rien ? Non ?)

Pas de fax.

Coup de fil à la mairie de T pour savoir ce qu’il en est : “Ecoutez Madame nous avons bien envoyé le fax, je ne comprends pas”. 

Coup de fil de M. A-coiffeur-de-son-état à sa maman : “Chouchou ? Oui Chouchou on n’a toujours pas reçu le fax, tu es toujours bien à la mairie ? Comment ça tu es repartie ? Chouchou je t’ai dit de pas bouger tant que je ne te le demandais pas ! C’est la dame de la Mairie qui t’a dit de partir ? Attends Chouchou, qui c’est qui commande, c’est pas la dame de la mairie quand même !”. 

La notaire, à M. A : “Non mais ce n’est pas la peine qu’elle revienne à la mairie, il faut juste qu’ils renvoient le fax”.

Sur ce, nous reprenons la lecture du compromis. Nous paraphons. Nous datons, nous signons. Nous finissons même par recevoir la procuration. Et nous fixons la date de la vente au 6 août. 

BONBIN VOILA. Quand je disais : tant que c’est pas signé, c’est pas signé, je ne croyais pas si bien dire… Maintenant y a plus qu’à trouver une banque et espérer que Mister A ait bien la signature de sa mère pour la signature de la vente : )

  1. monstrose a publié ce billet
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