Jean girlfriend
Je suis une fausse fille.
La preuve : je ne vais chez le coiffeur que deux fois par an. Je n’achète Cosmo qu’une fois dans l’année, quand je prends le TGV à Noël. Disons le tout net, je suis carrément “out” sur les potins.
Malgré ce manque de contact avec la civilisation foufounesque, je n’ai pourtant pas réussi à passer au travers du “jean boyfriend”. Non que j’en aie un, mais je sais ce que c’est. C’est donc un doux euphémisme de dire que le phénomène est incontournable.
Partant du principe qu’il y a toujours pire que moi, j’imagine que certaines personnes qui liront ce qui suit ne savent pas, elles, ce qu’est un jean boyfriend. Une remise à niveau s’impose.
Le jean boyfriend, c’est typiquement le jean qu’on aurait pu piquer à son copain (son « boyfriend », donc) dans son armoire. Le jean boyfriend n’est pas ajusté aux courbes féminines, se porte retroussé et accessoirisé de talons super hauts ou d’un petit top tout ce qu’il y a de plus féminin. Le jean boyfriend n’est pas un jean baggy. L’objectif n’est pas de montrer sa culotte petit bateau, ou la raie de ses fesses pour les moins chanceuses. L’objectif n’est pas non plus de passer pour une rappeuse, mais bien d’avoir le même look que Katie Holmes. On tombe là sur un premier paradoxe : Katie Holmes étant des milliards de fois plus grande que Tom Cruise, son jean boyfriend provient-il réellement de la garde robe de Tom ? Je doute et je m’interroge. Et cela m’amène tout naturellement à mon sujet.
JE M’INSURGE CONTRE LE JEAN BOYFRIEND.
Oui Madame. Est-ce que je suis la seule à être plus grande et plus large que mon copain ? Non !
Mettons nous en situation quelques instants, vous comprendrez mieux où je veux en venir :
Je suis tranquillement installée dans mon canapé rouge. Je viens de feuilleter le dernier Marie Claire et pour ne pas mourir trop bête, je décide de faire l’expérience “boyfriend”. Je repose mon canard sur la table basse du salon. Je mets en fond sonore Pretty Woman de Roy Obison. Je me dirige malicieusement vers le dressing, côté gauche, le côté de mon copain. Je jette mon dévolu sur son petit jean délavé H&M, celui qui lui fait des jolies fesses. Quitte à s’amuser, autant le faire avec un denim que j’aime bien.
Je passe une jambe, puis la seconde. Jusque-là, tout va bien. Les pieds et les chevilles passent. Puis je remonte la toile au rythme de la musique. Aïe, ça coince sur les hanches. Je me vois contrainte et forcée de m’arrêter en bout de chemin. La braguette reste ouverte sur mon ventre et je n’envisage même pas de m’attaquer au bouton. Ce n’est pas grave, le jean restera comme ça. Heureusement, je porte un t-shirt ample, ça masquera cette petite erreur de parcours le temps des essayages.
Je me tortille jusqu’au miroir de la chambre et je m’aperçois avec horreur que le jean m’arrive juste au-dessus des chevilles, alors que je n’ai même pas fait de revers. On est très loin du jean boyfriend. Tout ce que je vois dans la glace, c’est moi, dans un jean slim version pêche aux moules. J’ai l’impression d’avoir piqué le fute de ma cousine de 12 ans. La honte totale.
J’aimerais bien savoir qui est la greluche qui a eu l’idée d’appeler ce putain de jean “boyfriend”. Dans mon couple, c’est mon mec qui peut me piquer mes pantalons et les customiser avec une paire de bretelles et des revers XXL. Je vais aller voir toutes les modeuses et leur casser la gueule à la récré. Faudrait revoir votre copie mesdemoiselles et vous renseigner sur le jean girlfriend. C’est la tendance de demain.
Le boyfriend, c’est tellement 2009…
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